School Stories

Combien nous coûte l'éducation de nos enfants ?

 

     Lorsqu'on demande à un parent au Cameroun combien lui coûte l'école de ses enfants, il répond systématiquement : " trop cher ".

Ce "trop cher" est relatif au revenu de celui qui paie. Il va du simple au centuple. Dans tous les cas, les parents ont toujours l'impression que l'instruction des enfants absorbe une trop grande part de leurs revenus.

 

" Les frais de scolarité de 3 millions de Fcfa du lycée Fustel de Coulanges n'en font pas l'école la plus chère du Cameroun ".

 

Les frais de scolarité de 3 millions de Fcfa en classe de terminale pour un étranger du lycée français Fustel de Coulanges de Yaoundé n'en font pas l'école la plus chère du Cameroun, même pas la seconde, ni la troisième. Si on accède à quelques écoles publiques maternelles et primaires pour 5.000 F, dans d'autres privées internationales le ticket d'entrée vaut mille fois cette somme.

Une fois réglée la pension, la calculette ne s'arrête pas. Il existe par surcroît une avalanche de frais connus ou surprise au long de l'année scolaire.

En définitive, à combien revient l'éducation d'un enfant au Cameroun ?

        Au sommet de la liste, des dépenses se trouvent les frais de scolarité. Dans les établissements scolaires publics, ils correspondent à la contribution à l'APE (association des parents d'élèves). La facture qui débute à 5.000 Fcfa peut monter jusqu'à 50.000 Fcfa dans certains lycées. Puis nombre d'institutions éducatives privées proposent des droits d'écolage dans la tranche de 50.000 à 100.000 Fcfa . Le secteur public représentant plus de 16.000 des 22.000 centres éducatifs du pays, on peut conclure en incluant les écoles privées de la tranche inférieure que 4 élèves sur 5 requièrent moins de 100.000 Fcfa de droits d'écolage.

    Dans la tranche de 100.000 à 300.000 Fcfa , on trouve près de 4.000 institutions privées très concentrées dans les villes de Yaoundé et de Douala.

      La dernière décennie a engendré une bordée d'écoles dites internationales. Elles se caractérisent par leurs programmes scolaires étrangers dont le Baccalauréat international ou le Cambridge international program et se comptent par dizaines. Elles proposent des pensions supérieures à 500.000 Fcfa , beaucoup allant au-delà du million .

      Tandis que les élèves de nationalité française inscrits dans les lycées Fustel de Coulanges à Yaoundé ou Dominique Savio à Douala s'acquittent de 1.800.000 à 3.500.000 Fcfa à l'année, ceux de nationalité camerounaise déboursent en moyenne 50 % plus et l'étranger non-français le double.

     Toutefois, 3.500.000 Fcfa est le minimum dans les écoles américaines : "Rain Forest" ou "American School of Yaoundé" où la facture pour un élève de terminale dépasse les quinze millions (15.000.000) Fcfa.

     Une fois les frais de scolarité payés, il y a le matériel scolaire. L'état ayant intervenu, les prix des manuels scolaires ont été quelque peu contenus. Inférieurs à 30.000 Fcfa pour les classes de maternelles et primaires, ils oscillent entre 30.000 et 50.000 Fcfa au secondaire. En additionnant les autres outils scolaires, ce budget peut doubler. Surtout pour les classes du secondaire technique. 

 

 

    Pour que les élèves se déplacent de la maison à l'école et retournent , certaines distances ne peuvent être couvertes à pied. Il faut prévoir un budget transport ;5jours par semaine, 32 semaines par année scolaire . Souvent le seul transport coûte plus que les manuels scolaires .

   La journée de travail continue implique des frais d'alimentation pendant les pauses. Même pour ceux qui ne sont pas inscrits à la cantine, le goûter préparé à la maison n'est pas gratuit.

   Les uniformes scolaires qui , à première impression représentent une dépense supplémentaire sont en fait une option économique dans l'achat de vêtements du quotidien. Les blouses des maternelles partent à 2000-3000F cfa pièce, les uniformes du primaire autour de 5.000 Fcfa et ceux du secondaire de 6.000 à 10.000 Fcfa.

Même les parents les moins nantis sont obligés d'acquérir au moins deux pièces par enfant pour tenir toute l'année à quoi il faut ajouter la tenue de sport.

         Après ces coûts essentiels , il y a les coups au cœur. Les parents d'enfants en établissements confessionnels sont habitués depuis belle lurette aux " frais de développement" destinés à la construction de nouvelles infrastructures. Le soutien scolaire: les repétions à l'école ou à la maison pendant 7 à 8 mois équivalent parfois à une scolarité entière.

  Ensuite les activités extra-scolaires  : les travaux de groupe, les jours de cuisine, les travaux pratiques et autres requièrent l'achat de certains matériaux

   Les sorties scolaires ne sont généralement pas obligatoires, néanmoins, il est difficile à un parent de décliner alors que tous les autres camarades participent. Les sorties peuvent se faire en ville même, juste hors de l'établissement, d'autres sont de véritables voyages hors ville, et même hors pays. La participation varie donc de 500 Fcfa à plusieurs millions.

   Enfin, les contributions aux célébrations : arbre de Noël, fête de la jeunesse, fête de fin d'année,cérémonie de graduation bouclent la liste non-exhaustive. D'autres surprises désagréables ne sont pas à exclure.

  En somme ,combien payons nous ? Chacun peut faire son calcul personnel. Beaucoup préfèrent ne pas savoir par peur de déprimer.